Samedi 22 décembre 2007
Flaschistes
De partout et venus de nulle part les flash crépitent
Dans la danse des consciences les objectifs s’invitent
Les balances ont grandi sous le signe de la méfiance
A présent, les voilà au centre de la tendance
Il suffit désormais d’un simple « clic »
Pour que la mauvaise réputation naisse du déclic
Les murs n’ont plus seulement des oreilles
Ils ont aussi des yeux vicieux qui veillent
Derrière chaque regard se cache un témoin anonyme
Peu courageux, le mobile devient arme du crime
Plus besoin de semelle de cuir pour que la liberté vacille
Il suffira du portable dernier cri pour briser une famille
Femme amoureuse se languissant devant son tendre amant
La caméra embrasse et immortalise ces délicieux moments
Le temps est passé, les baisers sont devenus rancœurs
Seul les films rappellent les anciennes heures de chaleurs
Orgueilleux l’homme satisfait d’antan se pare de l’habit de Satan
Du bout de la souris il émet ses souvenirs d’amour brûlants
Lent processus pour délation spontanée d’âme brisée
Internet donnera la réputation à ces anciens baisés
C’est sous les cachets que parviendra à s’endormir l’humiliation
L’âme féminine outragée s’en ira vers une toute autre destination
Pendant que les images de son passé satisferont l’humaine perversité
Ses proches épancheront leurs larmes sur le souvenir d’une femme violée
Réunions de groupes au cours de la récré
Fini le temps des goûtés place à celui de la publicité
Prédateur en puissance face à l’œil artificiel
La proie plie sous les coup de poings et de flash cruels
Le malheureux ne sourit plus, il va gâcher la pellicule
Violents coups pour violent coup d’éclat qui fera des émules
Demain, sur son lit d’hôpital il sera proclamé star
La haine sera au cœur de la toile et au 20 heure le soir
Comme dans la chanson il sera en haut de l’affiche
Ses nouveaux tortionnaires, eux, se moquent bien qu’on les fiche
Si les cicatrices du visages se refermeront avec les heures passant
Les images de la rencontre entre haine et bitume surferont encore longtemps
Douceurs d’une matinée du mois de juillet
Les rayons traversent la fente des volets
Caressent le visage d’un couple lové l’un contre l’autre
Agréable instant pour des tourtereaux comme tant d’autres
Les heures passent et les âmes se lèvent
Petite cigarette sur la terrasse pour poursuivre le rêve
Jusqu’à un bruit sourd et pourtant éloquent
La gâchette caressée immortalisa l’instant
Du silence de la passion confinée naît le brouhaha du jugement
Les une des presse à amour volés se vendent tant
Pas de chances pour ces âmes tendrement enflammées
Ils n’auraient pas du à être surnommées « célébrités »
Les pages de rêves de papier glacé passent et se tournent
Les sages sont bien moins censés et l’esprit passe et s’ajourne
La vidéosurveillance comme unique lien social
L’Autre est devenu le juge du bien et du mal
Il y a un demi siècle les commérages se négociaient en ticket de ration
Aujourd’hui jalousies et envies assure gratuité à la délation
Chacun doute de chacun et ne sourit plus que pour paraître innocent
Les sirènes sont silencieuses mais efficaces sont ses agents
Entre réflexions ou diffamations il faut choisir
Hélas, seule la dernière fait la gloire de la mire
La torture n’est plus nécessaire pour cadenasser la liberté
La meilleure des milices se cache derrière le visage de la citoyenneté
En venant ici, vous devenez complices de ces nouveaux yeux qui scrutent l’horizon comme un terrain de jeu pour âmes en mal de passion. L’œil du tireur est aussi malsain que celui du contemplateur à croire que les pères la pudeur sont plus modernes que les philospohes aux esprits moins en bernes. Profitons de la chaleur des notres plutôt que des clichés des autres. On est tous un peu complice…